Finalement, un projet du 375e de Montréal qui parle d’histoire.

Il y a quarante ans Hubert Aquin s’enlevait la vie à l’aide d’un fusil hérité de son père. Sa mémoire sera-t-elle rappelée cette année? Semble-t-il que non, malgré que Montréal fête son 375e. Est-ce surprenant? Pas vraiment puisqu’on parle de célébrations et non de commémorations. S’abîmer dans la fête semble être le slogan de notre époque. Rappeler à notre souvenir une personnalité importante dont la lucidité était si incisive impliquerait probablement une introspection de notre part dont nous ne voulons malheureusement pas. Scruter notre rapport au passé, notre rapport à l’existence (politique et culturelle) notre rapport à l’échec… cela ne semble intéresser personne et surtout pas les politiques en place. Aquin, par son intelligence et son intensité, nous forcerait à ranimer des questionnements que nous voudrions soit réglés, soit oubliés. Existence politique, indépendance, héritage de la défaite ; bref, comme personne n’a d’intérêt à explorer cette mémoire existentielle, j’ai tenté humblement de le faire.

Finalement, un projet du 375e de Montréal qui parle d’histoire.

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Premiers essais en format carré.

Kodak Ektar 100 expiré.

Essais sur la mémoire

L’acropole des draveurs

L’été dernier.

Ascension dans les nuages, au pays de Menaud Maître-Draveur, accompagné de ma douce Ioana.

Et oui, j’ai eu un petit trip minéral… J’aime les roches.

Travail en cours

Projet en cours de réalisation. Il comprendra trois dispositifs, dont une photo imprimée sur un panneau de verre maintenue à la verticale par une pierre fendue en deux. Le deuxième dispositif sera une photo prise à la chambre photographique 4×5 d’une ruine d’une maison patrimoniale d’architecture d’esprit français. Les prochains développements pour bientôt…

Le vol des astres

En 1893, Edward David Ashe mourut. Il avait été le directeur de l’observatoire de Québec pendant 33 ans. Philéas Roy, appuyé par Camille Flammarion — grand astronome et fondateur de la Société Astronomique de France — postula pour lui succéder. Son dossier ne fut cependant jamais considéré et on nomma à la direction un autre britannique, Arthur Smith. Pourquoi a-t-on tout simplement ignoré la candidature de Philéas Roy, malgré ses compétences multiples de photographe et d’astronome respecté? Les documents ici présentés seront peut-être à même de confirmer le fait ignoré que Ashe et Roy se connaissaient de longue date et qu’une rancoeur sans limites les opposait. La théorie ici présentée veut que Roy ait été derrière nombre de découvertes astronomiques revendiquées par Ashe. Le poste de directeur lui aurait été refusé pour éviter que ce secret ne s’ébruite et que la réputation de la famille Ashe en pâtisse.

Les photographies présentées ont été réalisées à l’aide de la technique du collodion humide, un procédé où la plaque de verre doit être préparée, exposée et développée à l’intérieur d’une dizaine de minutes. Ces documents sont tirés de la collection privée de l’héritage de Philéas Roy. Ce sont à l’identique les photos documentant le voyage au Labrador, du lieutenant Ashe. Ce voyage, ayant comme destination finale le Cap Chidley, tout au nord du Labrador, avait pour but d’observer les taches solaires, ainsi qu’une éclipse complète.

Comme le collodion est un procédé qui produit des images positives uniques sur plaque de verre, les doubles ont obligatoirement dû être faits au moment de la prise de vue. D’ailleurs, ces doubles présentent les mêmes marques aux coins des plaques qui sont la signature des photos astronomiques de Philéas. Il avait lui-même construit le dispositif permettant d’adapter son appareil photographique à un télescope et c’est ce même dispositif qui laissait de telles traces.

Selon le journal de bord que tenait Philéas Roy, il aurait pris la majeure partie de ces photographies durant le voyage au Labrador, où il avait réussi à se faire engager comme assistant du lieutenant Ashe. Se doutant que ce dernier chercherait à s’emparer de ses images qui corroboraient ses théories, Roy avait eu la présence d’esprit de faire des doubles pour chaque prise de vue. Il les cacha sous une pierre à proximité de leur campement, au pied des monts Torngat. Ashe réquisitionna effectivement les clichés originaux de Roy et lui fit jurer sur son honneur de ne jamais les revendiquer, sous peine de faire exproprier et ruiner sa famille, déjà sur le déclin. Il conserva donc ses doubles et Philéas Roy ne revendiqua jamais la paternité de ces découvertes qui eurent un grand impact sur l’astronomie de l’époque, ainsi qu’un rayonnement international.

 

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